Archive pour la catégorie ‘FIFA WORLD CUP 2010’

TEMPS ADDITIONNEL (2)

Samedi 12 juin 2010

ARGENTINE vs. NIGERIA, SOUVENIR SOUVENIR

Déjà l’approche du mondial faisait revivre en moi les sensations vécues en 2002 lorsque je m’apprêtais à participer à la coupe du monde au pays du soleil levant. Le compte à rebours 8 ans plus tard, des collègues sélectionnés comme si c’était un lien direct avec la compétition d’aujourd’hui et puis ce match Argentine vs. Nigéria, le même que le 2 juin 2002 comme pour mieux remuer le couteau dans la plaie. Un match gravé à jamais dans ma mémoire…Dans le tunnel menant au terrain pour cette première en coupe du monde, je croyais rêver et me préparais, chaque seconde, à tomber du lit pour sortir de mon rêve. Heureusement non, j’étais bien vivant et assistant de cette victoire de la Albiceleste sur les Super Eagles.

Juan VERON, Heiner MULLER, Markus MERK, Gilles VEISSIERE, Frédéric ARNAULT et Jay Jay OKOCHA

TEMPS ADDITIONNEL (1)

Samedi 12 juin 2010

LES TRIOS D’UN MÊME PAYS, UNE ERREUR MONUMENTALE

Il faudra bien que l’on cesse un jour de prétendre que les arbitres sont de la même famille que les joueurs notamment. Puisque les instances internationales, la FIFA en l’occurrence mais également l’UEFA, maltraitent sans retenue les sportifs que sont les arbitres et assistants. La décision de désigner désormais (depuis 2004 et l’EURO au Portugal) des trios d’un – presque – même pays est une atteinte à la performance arbitrale. Un arbitre ou un assistant exceptionnel qui ne peuvent pas compter sur des collègues nationaux au niveau pour constituer ces fameux trios, sont donc aujourd’hui sans avenir international ! Un peu comme si on imposait à un gardien de but d’avoir une ligne de défenseurs internationaux pour pouvoir être sélectionné. Du délire ! Ceux qui se souviennent de la ½ finale de l’Euro 2000 opposant la France au Portugal et de la victoire des Bleus par un but en or sur pénalty, ont-ils conservé en mémoire que la faute à l’origine du pénalty vainqueur avait été signalée par l’assistant slovaque Igor Sramka ? Un collègue assistant qui a eu une brillante carrière internationale et qui peut remercier le ciel que la sélection par trios ne s’opérait pas à son époque. Car il n’y avait pas d’arbitre slovaque au top. Lubos Michel fera ses débuts internationaux en 2002. Quant à Maciej Wierbowski, assistant polonais qui officia lors de la ½ finale Brésil vs. Turquie du mondial 2002, sa carrière internationale s’est quasiment arrêtée (à 31 ans) de par l’absence d’arbitre polonais sur la scène mondiale.

 

LA FIFA PRATIQUE LE TRI SELECTIF

Et c’est cette même règle des trios qui aura été fatale à Carlos Amarilla Demarqui, l’expérimenté referee paraguayen aux près de 300 matches internationaux (dont 2 Copa Americana et 1 finale, le mondial allemand de 2006 entre autres…), emporté par la défaillance de ses assistants aux derniers tests physiques. Tout comme Mohamed Benouza (Algérie) trahi par ses assesseurs encore…Un seul trio d’officiels uruguayens pour palier à ces défections, la commission d’arbitrage de la FIFA ayant semble-t-il décidé de ne pas appliquer sa politique de trios remplaçants. Mais on pouvait s’attendre au maintien d’une application stricte et sans sentiments de cette règle car en 2006 les dirigeants espagnols de cette commission avait dû éliminer, très certainement la mort dans l’âme, l’équipe arbitrale de Manuel Mejuto Gonzalez, hispanophone lui aussi comme son nom l’indique.

 

LES CONSIGNES DU MONDIAL

L’IFAB (International Football Association Board) chargée de légiférer dans le jeu de football n’ayant pas proclamé de dispositions particulières au cours de sa réunion annuelle de mars dernier, la FIFA a donc décidé de concentrer ses directives aux arbitres sur les aspects du jeu liés au Fair-play.

  • La gestion des mains dans le mur, et plus généralement dans les surfaces de réparation
  • Les différentes manières que peuvent avoir les joueurs pour retarder la reprise du jeu
  • L’exécution rapide d’un coup franc (gêne des défenseurs ou pas)
  • Le déplacement du gardien de but sur sa ligne lors d’un pénalty
  • La mise en application d’une nouvelle disposition lors des tirs au but (feinte durant le tir)
  • La possible gêne occasionnée par joueur en position de hors-jeu devant le gardien de but lors d’un tir lointain

Le tout agrémenté par des mises en situation lors des séances d’entraînement quotidiennes qui sont au programme du corps arbitral.

 

2002 (2) UN MATCH D’OUVERTURE CAUCHEMARDESQUE

Mercredi 2 juin 2010

Pour la 17ème coupe du monde de la FIFA en 2002, la compétition avait débuté le vendredi 31 mai. Un véritable cauchemar ! En effet nous avions décidé de regarder, tous les arbitres ensemble, le match d’ouverture opposant la France (tenante du titre suprême) au Sénégal. Indépendamment du fait que je me faisais chambrer sans arrêt par mes collègues arbitres africains sur la similitude affichée des 2 équipes au point, disaient-ils, de ne les distinguer que par la couleur des maillots, il fût très difficile d’admettre cette défaite ! Nous n’avions pas pu nous rendre au stade compte tenu que ce match se jouait en Corée du sud, alors que nous étions à Kisarazu, la banlieue sud-est de Tokyo. Mais une décision avait été prise…Je verrai les autres matches des Bleus dans ma chambre !

Nous avions déjà connaissance des arbitres pour 36 des 48 matches de groupes. Ce qui signifiait, compte tenu de l’effectif de 36 arbitres et 36 assistants (18 et 18 dans chacun des pays Corée et Japon), 2 désignations pour chaque « referee » – 1 fois arbitre et 1 fois remplaçant.

Les premières désignations d'arbitres...

Les premières désignations d'arbitres...

Gilles Veissière et moi-même étions programmés pour le match Argentine vs. Nigéria, tiens, tiens comme l’histoire se répète. C’était le 2 juin 2002, il y a 8 ans déjà, et c’est aussi une des affiches du mondial qui débute vendredi. Nous y reviendrons prochainement.

WC FIFA 2002 (1) 22 mai 2002…LE GRAND DEPART

Lundi 24 mai 2010

Nous savions, Gilles Veissière et moi-même, depuis le 7 janvier de cette année-là que nous étions retenus pour la 17ème Coupe du Monde de la FIFA. Une version particulière du Mondial puisque co-organisé pour la première fois par 2 pays, la Corée du sud et le Japon, qui avaient en plus la particularité de ne même pas avoir de frontières terrestres communes, l’un étant une île.

Malgré le séminaire du mois de mars à Séoul, l’inquiétude existait toujours quant à un éventuel pépin de dernière minute pouvant nous priver de cette fantastique aventure.

Le mardi 22 mai nous étions donc à l’aéroport Nice Côte d’Azur pour embarquer, via Francfort, vers Séoul terre de football de ce 3ème millénaire. Accompagnés d’amis, nous évoquions déjà notre date de retour possible compte tenu du parcours de l’équipe de France…Sans avoir la moindre idée de ce que seraient nos prestations et les performances des Bleus !

Gilles VEISSIERE et Frédéric ARNAULT direction Séoul (Corée du sud)

G. Veissière et F. Arnault à l'aéroport de Nice en partance pour Séoul. photo privée DR.

Le match d’ouverture programmé le vendredi 31 mai, l’ensemble des arbitres était convoqué pour le 23 mai à Séoul. Une petite semaine coréenne pour les derniers réglages puis l’effectif était divisé en deux, 36 arbitres et assistants restaient au pays du matin calme et les 36 autres prenaient la direction du pays du soleil levant.